Esprit, es-tu là?

Je parlais dans le billet « Le meilleur comme le pire » des séances de spiritisme que je pratiquais quand j’avais 16 ans.

Cet article est le commencement de ma descente aux enfers…

J’ai mis du temps à écrire ce billet. Beaucoup de souvenirs que j’avais peur de voir resurgir, me replonger dans les abîmes du fond astral me donne encore la chair de poule…

Allez je me lance !

Beaucoup d’adolescents passent par la période très intelligente des séances de spiritisme… Comme ça, juste pour rire, pour se faire remarquer, pour montrer que l’on n’est pas si banal que ça, pour se prouver aussi à soi même que l’on a un certain pouvoir sur les autres.

Alors un jour, on réunit la bande de copains, dans la chambre de la maison familiale c’est encore mieux, là où l’on dort toutes les nuits… Histoire de faire tout ce qu’il ne faut pas faire…

Une séance, ça se prépare. Il faut un guéridon, un verre à pied, une bougie blanche, des bouts de papier où l’on aura inscrit au crayon gris les lettres de l’alphabet, un morceau de papier avec écrit « oui » et un autre « non ». Une sorte de Ouija.

Tout le monde se réunit autour de ce guéridon. Nous sommes, à chaque séance, environ 4 à 6 personnes.

C’est moi qui mène, je suis le maître de séance. Celui qui à pour but et pour devoir d’allumer la bougie, d’appeler un esprit, de contrôler les événements et d’arrêter la séance.

Malheureusement, quand on débute et surtout quand on fait ce genre de chose juste pour impressionner l’entourage, forcément, on ne contrôle rien, on ne sait pas se protéger ni protéger les autres… On ne sait pas quel genre d’entité va entrer en contact ni encore moins comment le faire partir.

J’ai ce souvenir, de cette première tentative où au bout de quelques minutes, nous sentons un air froid qui se balade dans la pièce. Nous sommes 6 pour cette première expérience, un après-midi. La flamme de la bougie s’agite dans tous les sens, elle devient grande puis minuscule…Le contact est établi, nous pouvons alors commencer.

Les réponses sont assez rapides à venir pour une première fois. Nous posons des questions superficielles pour tester les réponses de notre « invité ». Du genre quelle est la couleur du caleçon du copain assis en face ! Nous sommes tous mort de rire, nous ne prenons pas ça au sérieux. Sauf que le verre nous donne la couleur alors que le copain n’avait pas posé son doigt sur le verre. Plusieurs questions du même genre sont posées, les réponses sont bluffantes. Coïncidence où pas ? A partir de ce moment nous essayons d’être un peu plus sérieux, nous passons à des questions existentielles, l’au-delà existe-t-il vraiment ? Comment est-ce de l’autre côté ? Est-ce que nos proches sont heureux ?

Il y a toujours cet air frais qui nous enveloppe, qui nous donne des frissons et la chair de poule. Personne, autour de cette table, ne se sent totalement à l’aise. Nous nous regardons, à chaque réponse donnée, sans dire un mot… Plus la séance avance plus nous nous sentons mal.

Le verre devient de plus en plus incontrôlable, il bouge très vite, nos doigts ne suivent plus…

La flamme de la bougie s’éteint et se rallume toute seule. Là, c’est l’angoisse qui commence pour tout le monde. Cet air froid tourbillonne de plus en plus vite…

Personne n’a pensé poser la question indispensable au début de la séance… C’était bien évidemment à moi de la poser… « Esprit, qui es-tu ? »

Avec l’expérience que j’ai aujourd’hui je sais que même si j’avais posé cette question, cet esprit ne m’aurait pas dit ce que je voulais entendre. Il est rare qu’un esprit appelé soit vraiment celui que l’on a demandé… C’est là le piège des séances de spiritisme quand on ne gère rien… Avoir affaire à un esprit du bas fond alors que l’on pense être en contact avec une sorte d’ange…

Ce genre d’entité est constamment présent autour de nous. Il suffit d’un moment de faiblesse ou de curiosité malsaine pour qu’ils entrent en scène…

Certains de mes amis disent qu’ils veulent arrêter là, que c’est du n’importe quoi, que c’est l’un d’entre nous qui provoque ces phénomènes. Un des copains se lève pour allumer la lumière. L’interrupteur ne marche pas. Je vois la panique sur certains visages… Il se rassoit en disant que ce n’est pas drôle du tout et qu’il fallait que je remette le courant. Je suis aussi perplexe que les autres, je ne comprends pas ce qu’il se passe.

Une amie essaie de se lever à son tour, je dis bien essaie car c’est comme si quelque chose la forçait à rester sur sa chaise. Je me lève, me dirige vers l’interrupteur et là rien, ça ne marche pas. Je vais pour ouvrir la porte de la chambre… Fermée… Impossible de l’ouvrir. Pourtant j’arrive à tourner la clé dans la serrure.

La panique me prend pour de bon. Je me dirige vers la fenêtre. Nous avions fermé les volets. Là encore impossible de les ouvrir…

Une des copines se met à pleurer, les garçons n‘en mènent pas large non plus…

Nous décidons d’arrêter la séance. Je demande à cet esprit de quitter les lieux et de repartir vers la lumière d’où il est venu. J’éteins la bougie, je retourne le verre…

Une des copines qui s’acharnait sur la poignée de la porte arrive à l’ouvrir au moment où j’éteins la bougie. Les volets peuvent à nouveau être ouvert.

Nous avons beaucoup de mal à nous calmer, cet air froid est toujours bien présent.

Personne n’ose bouger ni quitter la chambre. On reste se regarder, on débarrasse les petits morceaux de papier. Puis la bougie se rallume… A ce moment bien précis je crois que tout le monde comprend que ce n’est pas une farce.

Cette bougie, plusieurs d’entre nous essaient de l’éteindre, sans succès. Puis, ce vent dans la chambre. On ne comprend pas pourquoi cet esprit continue alors que l’on a retourné le verre.

Il y a des bruits étranges dans les murs… La moitié de mes amis quitte la chambre en courant. Nous aurions dû tous en faire autant.

Il y avait un très grand tableau accroché sur le mur de ma chambre. Nous sommes restés pétrifiés quand nous avons vu ce tableau bouger, se mettre de travers. A plusieurs reprises j’essaie de le remettre droit, rien à faire… A chaque fois, il bouge d’environ 45 degrés…

Cette histoire commence à m’énerver et je le dis à voix haute quand tout à coup j’ai cette sensation de recevoir une claque. Les deux amis qui étaient restés dans la pièce assistent à cette scène. Je reste abasourdie… Quelques minutes plus tard une de mes amies s’approche de moi et me dis « regarde ton visage dans le miroir ». Je m’approche du miroir et constate une trace rouge sur ma joue, une trace de main…

Alors là, c’en ai trop, nous décidons de quitter la pièce.

La porte de la chambre se ferme devant nous… Nous voilà enfermé dans ma propre maison…

Les rideaux de la fenêtre bougent, nous distinguons quelque chose de très flou… Puis surtout cette présence que nous sentons très bien.

Un grand courant d’air, la porte s’ouvre.

Je crois que je n’ai jamais descendu des escaliers aussi vite !

Nous sommes toujours à trois, devant la maison, sur le trottoir. J’ai une de mes amies qui nous demande de regarder la fenêtre de la chambre. Les rideaux bougent, nous apercevons une forme, grise, pixelisée, qui nous regarde ou plutôt qui nous nargue…

Ce jour là, j’ai déclenché certaines choses… J’ai su par la suite que je n’avais rien fait comme il le fallait… Le verre, je n’aurai pas du le retourner mais le casser… J’ai permis à cet esprit malin de s’approprier mon espace. Un intrus bien difficile à éliminer…

Si seulement cet épisode m’avait donné une bonne leçon…

Remontée…

Photo : http://www.zphoto.fr/Bombyx

Cela fait 2 nuits que j’ai une nouvelle visite.
La couette qui glisse vers le bord du lit, je tire pour la récupérer mais je sens une résistance qui m’en empêche.

Puis cette odeur, une forte odeur de chien mouillé, de renfermé, de tabac froid. Désagréable, insupportable…
Je me tourne pour y découvrir un homme. Apparaît juste son buste, ses bras et son visage. C’est comme s’il sortait du sol de la chambre. Ses longs doigts fins continuent de s’agripper à la couette, ses traits sont marqués par la douleur, par l’effort qu’il fournit pour sortir du sol.
J’ai l’impression qu’il ne me voit pas. Nos regards ne se croisent pas malgré mes tentatives. Au bout de quelques minutes d’efforts, il lâche prise et se retrouve englouti dans le trou noir d’où il venait…
Les deux nuits identiques. 2h25… Cette odeur, la couette que l’on tire, cet homme qui cherche à s’échapper, à remonter… Aucun regard vers moi, il est exclusivement concentré sur ce bout de couette. Puis le retour vers le bas fond…
Que veut-il vraiment ? Pourquoi ne me voit-il pas ? Pourquoi il ne me parle pas ?
Mes visiteurs jusqu’à présent ont toujours eu un message à me faire passer. Il y avait toujours des indices plus ou moins faciles à décrypter. Mes visiteurs savent que je peux les voir, je suis la messagère… Nos regards se croisent toujours, même si des fois leurs visions me sont insupportables à voir… Ils savent que je suis là et passent à travers moi.
Là, je suis dans le flou… Est-ce une transmission d’image involontaire ? A moins qu’il ne sache pas encore comment faire pour prendre contact avec moi…

Le meilleur comme le pire

Après avoir découvert mon don de voyance, je m’amuse à tirer les cartes à mon entourage.

Petits tests pour voir jusqu’où je peux aller sans faire d’erreurs dans mes interprétations.

Je me mets à étudier des jeux différents mais revient toujours à mon jeu de prédilection, le jeu classique de 32 cartes.

Je fréquente toujours mon amie « C ». Elle étudie aussi certains jeux mais sans résultats très probants.

Nous avons 16 ans et nous sommes attirées par tout ce qui touche au paranormal… Avec quelques ami(e)s, nous testons les séances de spiritismes (j’en reparlerai dans de prochains billets) qui nous foutaient bien la trouille ! Certains, pour se rassurer, préféraient dire que l’un d’entres nous faisait bouger le verre…

Je baigne donc, à cette époque, dans un climat de tentations et de peurs. Tenter de savoir et comprendre ce qu’il y a dans l’au-delà et peur de ne rien contrôler de ces séances, de voir et subir des choses qu’on aurait jamais dû demander à voir…

La mère de « C » consulte régulièrement une voyante. Une grand-mère qui vit dans la campagne profonde des Côtes d’Armor. Pas de rendez-vous, chacun vient voir cette dame et attend son tour dans sa cuisine qui ne désemplit pas.

Un jour,  » C » me dit qu’elle va voir cette voyante avec sa mère et me propose de venir avec elles. Histoire qu’elle confirme mon don en quelque sorte. Le jour est fixé, malheureusement au dernier moment j’ai un empêchement, je suis extrêmement déçue… Nous trouvons la solution d’une photo que je remets à « C ». Comme ça, même si je ne suis pas présente, la voyante pourra peut-être dire quelque chose à mon sujet.

Les jours passent, je ne pense plus vraiment à ce rendez-vous manqué. Mon amie m’en reparle le week-end suivant. Quand j’y repense, j’aurai dû tilter. Le fait de ne pas avoir de nouvelles de « C » dans la semaine aurait dû me mettre la puce à l’oreille vu qu’on ne passait pas un jour sans se téléphoner…

Elle commence à me raconter ce que cette dame lui a annoncé. « C » était impressionnée par les détails qu’elle avait eu et par cette consultation en général. Je vois bien qu’elle en parle avec un certain recul. Comme si elle n’osait pas tout me raconter. Je dois alors lui poser la question « Qu’à t’elle vu sur moi? »

« C » me raconte alors qu’elle a bien montré ma photo mais que la voyante en y jetant un simple coup d’oeil, lui a répondu, en reculant de sa chaise, « Non ! Je ne dirai rien sur elle ! Enlevez moi cette photo ! ». « C » et sa mère, ne comprenant pas une telle réaction, essaient d’ en savoir plus. La dame cherchant son calme, leur explique qu’en fait dans un flash, elle m’a vu en tant que « maître de séance ». Elle raconte qu’en effet, j’ai bel et bien un don, de voyance, mais aussi de médium, ce qui me permettrait de rentrer en contact avec l’autre côté. Le problème, c’est que je n’en ai aucun contrôle, aucune expérience et encore moins de protection. Elle met donc en garde « C » et sa mère « Cette jeune fille est comme moi ! Mais elle est capable du meilleur comme du pire ! ».

Je reste la bouche ouverte en écoutant « C » me raconter tout ça… Le coeur qui palpite un peu trop fort, une sorte de nausée…

« C » n’en a pas su plus sur ce : « Elle est capable du meilleur comme du pire ». J’ai constaté quelques mois plus tard, qu’en effet, j’avais un certain pouvoir sur l’autre monde et qu’il était temps que je prenne une décision. A savoir, quelle voie prendre? Celle du bien ou celle du mal…

Il me faudra malgré tout plusieurs d’années d’errances entre les forces du bien et du mal pour comprendre que ce don devait être mis au service des gens qui en ont besoin et non pour provoquer des choses qui doivent être faites naturellement.

Chaque action à son retour…Et le choc peut être fatal…

Je persiste à croire que le mal est bien plus puissant que le bien et qu’il faut le connaître pour essayer de le combattre… J’en ai aujourd’hui les cicatrices, mais je crois que je suis sur la bonne voie…

Coupable…Innocent ?!

Suite à certains billets concernant la tuerie de Nantes, je tiens de nouveau à signaler que Xavier Dupont de Ligonnès est présumé innocent tant que la justice n’a pas tranché.

Tout ce qui est écrit ici relève de mes ressentis.

Ce blog est pour moi un exutoire, me permet d’évacuer mes discussions avec l’au-delà et mes intuitions.

Voilà tout est dit !

Ma découverte du monde invisible

J’ai découvert le monde de l’au-delà je devais avoir 7 ou 8 ans.

Du jour au lendemain, des étranges manifestations se présentèrent à moi. Étranges bruits, étranges visions… Une impression d’être dans un cauchemar, sauf que j’étais bien consciente de ce que je voyais et entendais.

Cela a commencé une nuit. Une sensation d’être observée. Cela me réveille. Je me dis que c’est dans ma tête, que je fais un mauvais rêve et que ce rêve se répercute sur le moment. Jusqu’à présent je ne croyais pas aux fantômes et j’y pensais encore moins. Mais en plus de cette impression d’être épiée, voilà que j’entends des bruits bizarres, ce qui me fiche encore plus la trouille !

Bruits de perceuse… dans le mur de ma chambre.

Je passe ma nuit sous la couette à éviter de respirer trop bruyamment. Je sens une présence, qui tourne autour du lit. Puis un poids, sur mes pieds. A ce moment, j’avais tellement peur que j’ai failli oublier de respirer.

Puis je me dis « C’est pas possible, j’ai peur pour rien. Les monstres n’existent pas ! » A l’époque nous avions un chat. Je me dis, pour me rassurer, c’est le chat là, sur mes pieds. Ça ne peut être que le chat…

Je prend mon courage à deux mains, sors la tête de la couette puis allume la lumière. Mon regard, dans un premier temps est attiré vers la porte, fermée… Le doute s’installe en une fraction de seconde car je comprends que ça ne peut pas être le chat sur le lit. Et là je regarde le bord du lit et bien sûr, je ne vois pas de chat mais une forme sur la couette. Comme si quelqu’un était assis à cet endroit.

Je suis pétrifiée de peur… Je n’ose plus bouger et me demande quand est ce que je vais me réveiller ?

Je m’agite dans tout les sens, secoue la couette, sors du lit et vérifie que ce n’est pas mon frère dans la chambre à côté qui me fait une farce. Il devait être 3 heures du matin.

Tout est calme dans la maison. J’ouvre la porte de la chambre voisine, allume la lumière de la salle de bain attenante à la chambre pour voir où mon frère pouvait bien se cacher. Je m’attendais à le trouver derrière la porte ou l’armoire mais au lieu de ça, j’entends un léger ronflement en provenance de son lit. Je m’approche et constate qu’il est profondément endormi…

Dans ma tête c’est le bordel. Je ne comprends plus rien. Je retourne dans ma chambre, il n’y a plus cette sensation ni cette forme sur le lit. J’essaye de me calmer et me rendors une heure après.

Le matin, je me réveille toujours avec cette impression d’avoir fais un mauvais rêve mais aussi avec beaucoup de doutes et de questions.

J’en parle à mes parents. Mon père m’écoute mais ne dit rien…Ma mère me dit que j’ai rêvé mais n’essaye pas de me rassurer ni de me comprendre.

Je leur parle du bruit dans le mur. Comme une perceuse. Ma mère me répond que c’est dans ma tête. Je retrouve quelques heures plus tard mon père à genoux, face à ce mur. Je m’approche de lui et nous constatons que la tapisserie, bleue nuit, comporte deux tout petits trous et qu’il y a de la sciure de plâtre sur la moquette.

La peur me reprend. Mon père me rassure, me dis qu’il y a une explication et pour me montrer qu’il n’y a vraiment rien, décide d’ouvrir la trappe où passe les canalisations. J’assiste morte de trouille à l’ouverture de cette trappe. On y trouve des morceaux de plâtres, une bière vide (qui avait été oublier lors de la construction de la maison et les canalisations. Mon père se faufile à l’intérieur de ce mur et regarde s’il ne voit pas ces deux petits trous que l’on voit de l’autre côté. Il ne trouve rien… Alors comment expliquer la sciure tombée sur la moquette ? C’est comme si on avait percé de l’intérieur et non de l’extérieur… Mystère… jamais résolu.

C’était ma première rencontre avec le monde invisible. J’en prendrai conscience quelques années plus tard.

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